Interview de Jérôme Monneraye, Directeur du Développement chez Dedalus

Reprendre ses études à plus de 30 ans tout en travaillant et en élevant des enfants ? C’est le défi qu’a relevé Jérôme avec brio. Diplômé de l'IPSSI, il dirige aujourd’hui une équipe de 80 personnes dans une entreprise de logiciels médicaux. Il revient sur son parcours atypique, ses années à l’IPSSI, les compétences qu’il y a développées, et partage sa vision du travail, de la formation et de l'évolution professionnelle.
Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir l’IPSSI pour reprendre vos études ?
C’est un professeur de réseau, que j’avais eu au Collège de Paris, qui m’a parlé de l’IPSSI. J’avais déjà plus de 30 ans et je voulais reprendre mes études. Plusieurs IUT ne pouvaient pas m’intégrer en cours d'année, alors j’ai rejoint le Collège de Paris, pas loin de chez moi, qui proposait la filière STO. Le professeur, aussi enseignant à l’IPSSI, m’a recommandé cette école.
J’avais envisagé EPITA, car plusieurs connaissances l’avaient intégrée, mais c’est finalement à l’IPSSI que j’ai été accepté rapidement, après quelques tests techniques. Ce n’était pas idéal géographiquement, mais j’en garde un excellent souvenir.
Quels souvenirs marquants gardez-vous de votre passage à l’IPSSI ?
La dernière année est celle qui m’a le plus marqué. Reprendre ses études à 30 ans, avec des enfants et un travail, ne laisse pas beaucoup de place au plaisir d’être étudiant. Mais en dernière année, j’ai décidé de profiter pleinement : j’ai pris le temps d’échanger avec les professeurs, de m’impliquer davantage dans certaines matières. C’était ma dernière année d’études, je savais que je ne ferais pas de thèse.
Mes enfants, qui sont aujourd’hui étudiants, se souviennent encore des soirées où on faisait nos devoirs ensemble.
Quelles compétences avez-vous le plus développées pendant cette formation ?
Principalement les compétences techniques. Je venais du domaine médical, avec une expérience terrain mais sans base théorique solide. L’IPSSI m’a permis d’approfondir les normes informatiques, la programmation, les réseaux. J’avais déjà un bagage en communication et relationnel, mais sur l’aspect technique, chaque semaine de cours était une découverte.
Quel a été votre premier poste après le diplôme ?
J’ai été promu chef de projet dans l’entreprise où je travaillais déjà : General Electric. Ils m’ont encouragé à reprendre mes études, à condition de gérer moi-même mon dossier. J’ai passé un oral pour les convaincre, et j’ai été embauché en tant que chef de projet international avant même d’avoir mon diplôme.
Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours depuis ?
Après quatre ans en tant que chef de projet dans le médical, j’ai rejoint Dedalus, un éditeur de logiciels médicaux. En trois ans, j’ai occupé trois postes : directeur de projet, directeur de l’ingénierie, puis directeur du développement.
Quelle est votre journée type aujourd’hui ?
Il n’y en a pas vraiment. Je supervise 80 personnes, dont 45 développeurs. Je gère la roadmap du logiciel, les budgets, les formations, le management. Je reste très impliqué techniquement : j’aime encore échanger avec les équipes de dévéloppement. Mes collaborateurs sont souvent surpris que je m’intéresse autant à la technique.
Je continue aussi de garder un lien avec les clients. Ce mélange entre stratégie, terrain et management me stimule.
Quels sont, selon vous, les atouts de l’IPSSI ?
L’IPSSI avait déjà, il y a dix ans, une approche novatrice : projets en région, ouverture à l’international, événements inspirés du modèle américain. Et surtout, une vraie attention portée aux étudiants et à leurs parcours. Les professeurs étaient à l’écoute, certains me demandaient de partager mon expérience avec la classe.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants de l’IPSSI ?
Ne choisissez pas une filière par mimétisme. Ayez un projet personnel, une motivation propre. C’est ce qui vous portera sur le long terme. Restez curieux, osez apprendre, anticipez les tendances sans suivre les modes. L’IA, par exemple, est un outil, pas une fin en soi. Le véritable atout, c’est votre créativité et votre vision.
Une anecdote à partager ?
Un souvenir marquant : un projet mené avec un professeur qui nous a permis de présenter notre travail à Canal+. On a rencontré Daphné Bürki, visité les locaux, assisté à une émission. Un vrai projet transversal entre plusieurs filières. Cela nous a donné de la visibilité et beaucoup de fierté.
