Interview d'Alexis Hubert, administrateur système au Ministère des Armées

Interview d'Alexis Hubert, administrateur système au Ministère des Armées

Diplômé du Master Cybersécurité et Cloud computing de l’IPSSI en 2022, Alexis Hubert est aujourd’hui administrateur système au sein du ministère des Armées. En alternance pendant ses années de bachelor et master en cybersécurité, il a progressivement gagné en responsabilité jusqu'à superviser une équipe. Entre choix d'orientation, savoir-être, projets techniques et envie d'évolution, il nous livre un témoignage concret et transparent sur son parcours et son métier.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours académique et de votre évolution professionnelle ?

Je m'appelle Alexis Hubert. Mon parcours a débuté par un DUT Réseaux et Télécommunications, une formation aujourd’hui disparue. À l’issue de ce DUT, j’ai intégré l’IPSSI à Saint-Quentin-en-Yvelines où j’ai poursuivi un bachelor en informatique, avant d’enchaîner avec un master en cybersécurité, toujours au sein de la même école. Mon master s’est déroulé en alternance, ce qui m’a permis de rejoindre le ministère des Armées. J’ai commencé en tant qu’apprenti, puis j’ai poursuivi dans cette structure. Aujourd’hui, je suis administrateur système, spécialisé sur les environnements Microsoft en intranet offline, et on me propose de superviser une équipe de deux personnes en charge de la sécurité.

Pourquoi avoir choisi l’IPSSI pour votre formation ?

Après le DUT, j’avais opté pour une spécialité « sciences de l’ingénieur » afin d’intégrer une école d’ingénieurs. Cependant, la crise du COVID a complètement bouleversé l’organisation des cours, basculés à distance. J’ai perdu pied en mathématiques et en électronique, ce qui a plombé ma moyenne. L’établissement m’a alors proposé de redoubler, avec une année presque creuse. À l’inverse, à l’IPSSI, quand j’ai présenté mon dossier, ils ont été très ouverts : ils ont simplement pris en compte mes notes existantes sans poser de problème. C’est cette flexibilité et cette confiance qui m’ont convaincu.

Qu’est-ce que l’IPSSI vous a apporté ?

L’expérience à l’IPSSI m’a surtout marquée par la diversité des profils. J’y ai côtoyé des personnes de tous âges, de toutes origines, certains en reconversion, d’autres avec déjà un niveau très avancé. Les échanges étaient riches : chacun partageait ses pratiques, ses expériences professionnelles. Cela m’a permis d’ouvrir mon esprit et d’apprendre autrement. L’école favorise beaucoup l’autonomie : on vous donne des pistes, mais c’est à vous d’aller chercher les réponses. Si vous êtes motivé et que vous entreprenez les démarches, les ressources sont là pour progresser.

Quelle plus-value voyez-vous à l’alternance ?

Aussi bien pour le bachelor que pour le master, ces formations étaient en alternance. Le rythme était de trois semaines en entreprise et une semaine de cours. Ce format me convenait parfaitement : cela permettait de rester en immersion professionnelle tout en gardant un lien avec la théorie. Certains auraient aimé plus de cours, mais pour moi, c’était l’équilibre idéal, surtout après une scolarité classique que je souhaitais justement alléger.

L’alternance m’a beaucoup apporté, surtout au niveau du savoir-être. J’ai vu des jeunes de mon âge arriver en entreprise sans jamais avoir travaillé auparavant, et on sent tout de suite la différence. Être alternant permet de poser des questions plus facilement, sans la peur d’être jugé. C’est un statut d’apprentissage, on a le droit de ne pas savoir. Et c’est précieux. Cela permet aussi de mieux s’intégrer en entreprise, de comprendre les codes, les relations, les attentes. Et même si en sortie d’école le syndrome de l’imposteur existe toujours, on part avec des bases solides.

Avez-vous acquis des compétences concrètes à l’IPSSI utiles aujourd’hui ?

Sur le plan technique, pas forcément en lien direct avec mon poste actuel. À l’IPSSI, on a abordé peu de contenu sur Windows, alors que c’est mon quotidien aujourd’hui. En revanche, l’école m’a appris à apprendre : savoir chercher l’information, structurer mes connaissances, demander de l’aide au bon moment. J’ai appris à tout noter pour ne pas poser plusieurs fois la même question. C’est cette méthode de travail qui m’aide aujourd’hui.

À quoi ressemble une journée type dans votre métier ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. Nous sommes quatre dans l’équipe, et notre rôle principal est de tester des configurations ou mises à jour sur une plateforme de reproduction avant qu’elles ne soient mises en production. On intervient aussi sur des audits, en interne comme en externe. En pratique, toutes les 30 secondes, un autre service peut venir nous solliciter pour un besoin. Nos missions couvrent de nombreux domaines : sauvegardes, Active Directory, Exchange, tiering... Cela peut concerner des projets locaux comme internationaux. C’est cette diversité qui rend le poste passionnant.

Quelles sont les qualités essentielles pour exercer votre métier ?

La curiosité avant tout. Il faut vouloir comprendre ce que l’on fait, aller chercher les réponses. Ensuite, l’organisation est essentielle : savoir prendre des notes, structurer ses apprentissages, prioriser les tâches. Et ne pas hésiter à poser des questions, même sur des choses qui semblent évidentes. C’est comme ça qu’on progresse.

Qu'est-ce qui vous motive à rester dans ce métier ?

Le sentiment d’utilité est fort. Je sens que ce que je fais a un impact concret. Le rythme me plaît aussi : il y a toujours de nouvelles choses à apprendre, à tester. Et puis, l’environnement de travail dans le public me convient. Il y a une pression mesurée, pas de stress superflu. Si un projet prend un peu plus de temps, on le prend, tout en sachant qu’il faut s’organiser pour ne pas tout décaler.

Depuis combien de temps êtes-vous dans le métier ?

Cela fait trois ans, en comptant mes deux ans d’alternance. Avant cela, j’étais administrateur dans une petite entreprise du bâtiment. J’y étais seul à gérer l’informatique, sans maître d’apprentissage, ce qui m’a obligé à être autonome. Ce fut très formateur.

Quel est le plus grand challenge de votre métier ?

Le défi technique : devoir produire un résultat de qualité même lorsqu’on ne connaît pas encore bien la technologie. Il faut s’adapter rapidement, apprendre vite, tout en livrant quelque chose de propre, qui satisfait le besoin exprimé.

Quels sont vos projets pour l'avenir ?

À court terme, je privilégie la stabilité, notamment parce que j’ai un projet immobilier en cours. Mais à plus long terme, j’aimerais explorer d’autres environnements, découvrir d’autres entreprises. Mon objectif est de mixer les expériences : faire du run, du build, et pourquoi pas un poste qui combine les deux.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui hésite à se lancer dans l’informatique ?

Aller aux portes ouvertes, c’est fondamental. J’y ai moi-même beaucoup appris, rencontré des gens qui savaient parler des formations, poser les bonnes questions. Cela aide à se projeter, à savoir ce qu’on aime ou pas. Personnellement, j’ai aussi procédé par élimination : j’ai testé, éliminé ce qui ne me plaisait pas, jusqu’à trouver ce qui me correspondait vraiment. Il ne faut pas avoir peur d’expérimenter.


Articles pouvant également vous intéresser