Interview alumni : Paul BARUZIER, responsable d’équipe IT au sein du Crédit Agricole

Incidents critiques, enjeux financiers, coordination internationale : le quotidien de Paul BARUZIER ne laisse aucune place à la routine. Responsable d’équipe IT au sein du Crédit Agricole, il évolue au cœur d’un système d’information complexe et stratégique. De sa reconversion à ses responsabilités actuelles, il revient sur son parcours, ses choix et ses motivations.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Paul BARUZIER. J’ai repris mes études en informatique dans le cadre d’une reconversion, aux alentours de 2018-2019. Avant cela, j’ai travaillé dans différents domaines, sans trajectoire précise. À un moment donné, je me suis dit qu’il fallait reprendre les choses sérieusement. J’ai donc choisi l’informatique, un domaine qui m’attirait vraiment.
Quelles formations avez-vous suivies ?
J’ai intégré l’IPSSI en alternance, où j’ai obtenu un Bac+2 en tant que technicien systèmes et réseaux. J’ai effectué cette alternance dans une fonderie industrielle qui produisait notamment des composants pour des centrales nucléaires.
Mon rôle consistait à gérer l’ensemble du parc informatique du site : support utilisateur, gestion des imprimantes, résolution de problèmes sur Excel, mais aussi administration globale de l’infrastructure. C’était très complet et très formateur.
À la fin de mon Bac+2, j’ai poursuivi jusqu’au Bac+5, toujours en alternance, cette fois chez Allianz France. J’avais la charge du PCA (le Plan de Continuité d’Activité). Contrairement au plan de reprise purement informatique, le PCA consiste à garantir que les collaborateurs puissent continuer à travailler physiquement en cas de crise. Nous organisions des tests sur des sites de repli partout en France pour assurer la continuité des applications critiques. J’intervenais aussi sur des événements RH avec gestion de tablettes, serveurs de questionnaires et assistance technique.
Après mes études, j’ai travaillé en tant que prestataire au sein du port de Paris, via la société Onx. Le port de Paris regroupe en réalité les ports de Paris, Rouen et Le Havre (HAROPA), avec une activité importante liée à l’immobilier foncier. Les contrats étaient jusque-là gérés sous Word. Un nouveau système a été mis en place avec deux logiciels distincts : l’un pour la facturation, l’autre pour la rédaction des contrats. Je m’occupais des tests et des interfaces entre ces deux outils.
Depuis 2022, je travaille au sein du Groupe Crédit Agricole, plus précisément chez CA-GIP, la plateforme informatique du groupe. Après trois ans en tant que prestataire, j’ai été internalisé. Aujourd’hui, je poursuis mon évolution en interne.
En quoi consiste votre métier ?
Actuellement, j’ai la charge de toutes les demandes des entités dont je m’occupe : incidents, requêtes, évolutions du système d’information. Je suis l’interface entre les entités métiers et les équipes techniques, que nous appelons les « pôles ».
Concrètement, je n’interviens pas directement sur les machines. Mon rôle est d’analyser le besoin, de reformuler les demandes, de construire les cahiers des charges et de piloter les équipes techniques qui réalisent les actions. Je travaille principalement avec des entités internationales : Égypte, Maroc, Italie, ainsi qu’avec LCL et BforBank. Je passe donc une grande partie de mon temps en anglais.
Au bout d’un an et demi, j’ai évolué en tant que chef d’équipe. Depuis fin 2025, je supervise également le travail d’une prestataire en charge de la relation entité, en lien direct avec les DSI et les présidents d’entités. Mon rôle est donc à la fois opérationnel et stratégique.
Quelles sont les qualités essentielles pour être un bon responsable IT ?
La communication est centrale. Il faut savoir s’exprimer clairement, aussi bien avec les équipes techniques qu’avec les clients internes. L’anglais est indispensable dans mon poste, car je travaille principalement avec des entités internationales. Je peux passer dans la même journée d’un sujet réseau à un sujet applicatif, ou à un incident critique. Il est donc important de pouvoir s’adapter et d’avoir une vision globale du système d’information pour comprendre rapidement d’où vient un problème. Finalement, la résistance au stress est importante, surtout dans le secteur bancaire. Un incident peut avoir des conséquences financières et d’image importantes. Nous faisons face à de nombreuses tentatives d’attaques informatiques chaque jour. Même si les systèmes sont robustes, la vigilance est constante.
Quels conseils donneriez-vous pour progresser en anglais ?
La pratique avant tout. Il ne faut pas avoir peur de se lancer. On ne parle pas uniquement avec des anglophones natifs, mais avec des interlocuteurs internationaux qui sont, comme nous, dans l’effort. Personnellement, traduire des chansons et regarder des films en anglais m’a beaucoup aidé. Mais dans l’IT, l’anglais est omniprésent : interfaces, documentations, formations. L’immersion est quasi naturelle.
Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
On ne s’ennuie jamais. Il y a constamment des challenges. J’ai la chance d’avoir des responsables qui me font confiance et me laissent une grande autonomie. Je gère des sujets que peu de personnes traitent, ce qui me donne une certaine liberté. Je m’épanouis parce que je fais quelque chose qui me plaît réellement. Je n’ai jamais été particulièrement scolaire, mais lorsque j’ai étudié quelque chose qui me passionnait, mes résultats ont naturellement suivi.
Quel est le plus grand challenge que vous rencontrez ?
La gestion du changement est un défi majeur. Nous accompagnons les entités dans la transformation de leur système d’information. Par exemple, nous avons récemment déployé en Italie une plateforme permettant aux agriculteurs de réaliser un audit de leur exploitation, afin que le conseiller bancaire puisse ensuite proposer des solutions adaptées. Voir l’impact concret de notre travail est très motivant.
Les incidents critiques sont également des moments intenses. Lorsqu’un incident majeur survient un lundi matin et qu’il est nécessaire de travailler jusqu’à tard dans la nuit pour le résoudre, la pression est réelle.
Pourquoi avoir choisi l’IPSSI pour votre formation ?
Après quatre ans au CESI, j’ai ressenti le besoin de changer. Certains intervenants ne me correspondaient plus. Lorsque j’ai intégré l’IPSSI, j’ai trouvé des intervenants plus pertinents, notamment sur la culture d’entreprise. Les cours de culture d’entreprise m’ont particulièrement marqué. Nous abordions des sujets concrets comme la gestion financière d’une société, avec des outils réels. J’ai également découvert la certification ITIL, que j’ai passée plus tard grâce à mon compte personnel de formation.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants ?
Faire de la veille technologique. L’informatique évolue très vite. Il faut rester curieux. Mais surtout, s’éclater dans ce que l’on fait. À partir du moment où l’on aime vraiment son domaine, tout devient plus simple. Les résultats suivent naturellement. Passion et plaisir sont, selon moi, les moteurs essentiels d’une carrière réussie dans l’IT.
